Déconstruction du pont de Térénez

Un chantier exemplaire

Depuis le mois de janvier, l’ancien pont de Térénez est méthodiquement déconstruit dans le cadre d’un chantier exemplaire en matière de développement durable.

Une pelle à grand bras s’emploie à grignoter les pylônes. En pied de pile, des batardeaux sont installés pour récupérer les gravats et ainsi les empêcher de tomber dans l’Aulne. L’opération est spectaculaire, tout comme l’étaient les étapes précédentes, et fait le bonheur des nombreux curieux qui s’arrêtent pour voir le ballet des engins de chantier.

« Si la construction d’un pont est un projet exceptionnel, la déconstruction n’en n’est pas moins spectaculaire », souligne Pascal Caroff, maître d’œuvre des travaux au sein du Conseil Général.

En janvier 2015, l’ancien pont de Térénez aura vécu. Ouvert en 1925, il est alors le plus grand pont suspendu d’Europe. En 1944 il est en partie détruit. Il est reconstruit en 1952. Le sable et le ciment employés s’avèrent incompatibles. Une réaction chimique fait gonfler et fissurer l’ouvrage. Face à ce constat, le Conseil Général décide, en 1998, de construire un nouveau pont à proximité… et de déconstruire l’ancien.

Des belvédères sur l’Aulne

« Les travaux de déconstruction ont commencé au début de cette année par un allègement de l’ouvrage puis le démontage de la travée centrale d’une longueur de 272 mètres. Cette opération s’est avérée délicate car il y avait une forte tension dans les câbles et un phénomène de vibration » explique le responsable du Conseil Général.

Malgré ces difficultés, la suite du chantier s’est déroulée dans les délais impartis (démontage des câbles porteurs, déconstruction  des pylônes et, actuellement, démontage des travées d’accès).

Quand la déconstruction sera entièrement terminée, début 2015, les entreprises pourront alors se concentrer sur le réaménagement des lieux afin de rendre au site toute sa beauté. Il deviendra point de départ pour les randonneurs. Les arches en pierre côté Argol et la culée côté Rosnoën seront conservées et transformés en belvédères. Pour y accéder, des parkings paysagers seront aménagés avec des cheminements sécurisés pour les piétons.

Le développement durable au cœur des préoccupations

Pour le Conseil Général le défi de ce chantier d’envergure n’était pas seulement technique mais aussi environnemental, sur un site classé Natura 2000. Ainsi, la démarche visait à réduire les nuisances tout au long du chantier (bruit, poussière, …), à réduire aussi l’empreinte écologique et énergétique et à recycler les matériaux. Traitement des eaux usées avant leur rejet en milieu naturel, tri à la source des matériaux qui sont ensuite valorisés et recyclés en Finistère (70 à 90 %), traitement spécial pour les déchets dangereux (amiante et plomb)… Le dispositif mis en place a permis de répondre à ces objectifs. 

Au delà du volet environnemental, ce chantier était aussi un chantier à dimension sociale. En effet, le  Conseil Général avait introduit une clause d’insertion dans ses marchés publics — à hauteur de 5% des heures de travail — permettant ainsi à trois personnes éloignées de l’emploi d’être embauchées au tri des déchets.

En savoir + :

Des vidéos sur la déconstruction du pont au fil des mois sont visibles sur le site du Conseil Général.

http://www.cg29.fr/Les-grands-projets/L-amenagement-du-site-de-Terenez

Quelques chiffres

  • Coût de la déconstruction : 4 millions d’euros dont 800 000 € pour le traitement des déchets
  • Réalisation de belvédères, aires de stationnement et d’une piste cyclable : 500 000 €
  • 15 000 tonnes de béton armé
  • 600 tonnes de charpente métallique
  • 400 tonnes de câbles et suspentes
  • 800 tonnes de pierres