Des hommes et des femmes, au service de la lecture publique

L

a Bibliothèque du Finistère (BDF) est l’outil opérationnel pour déployer le plan de lecture publique du Conseil départemental. Elle a été créée en 1973, en soutien aux bibliothèques municipales. Sa mission principale, la plus visible, est celle du prêt. Un fonds de 350 000 documents est à la disposition des communes.

220 000 d’entre eux sont prêtés par an. Comme une reconnaissance de l’ampleur de la tâche accomplie, matérialisée par la création de trois nouvelles antennes de la BDF, les journées d’étude de l’association des directeurs des bibliothèques départementales de prêt se sont déroulées à Brest cette année, du 28 au 30 septembre. L’occasion pour les participants de découvrir à Sainte-Sève une organisation connectée grâce au système RFID, comme dans toutes les antennes départementales. Et à Plonévez-du-Faou, un site qui offrira également aux habitants une médiathèque dernière génération.

Si cette année a été marquée par l’ouverture de ces nouvelles antennes, destinées au prêt de documents, les missions de la bibliothèque départementale sont bien plus vastes. En plus de coordonner le réseau des 224 bibliothèques partenaires, elle l’anime et forme les personnels, salariés ou bénévoles. « Notre rôle, c’est d’être en avance sur les évolutions. Nous sommes un laboratoire où l’on teste de nouvelles choses pour les communes, explique la directrice. Par exemple, nous avons essayé les ressources en ligne, avant de proposer ce service à tous ».

40 salariés travaillent directement à la BDF, au contact régulier des 2500 bénévoles et 150 salariés des bibliothèques du réseau. Portraits de 4 hommes et femmes au service de la lecture pour tous.

Cécile Parmentier

Cécile Parmentier, Bénévole à la bibliothèque municipale de Scrignac

En 2006, Cécile Parmentier est devenue bénévole à la bibliothèque municipale de Scrignac quand elle s’est rendue compte que son fils était le seul enfant inscrit.  « J’avais envie de m’investir pour ouvrir l’espace aux autres enfants », explique-t-elle. Elle suit alors la formation initiale de la BDF.

Depuis, la petite bibliothèque du centre Finistère s’est développée et est devenue un lieu de vie grâce à ses idées et à celles d’une équipe de sept bénévoles : accueil des scolaires, animations, conférences… Ce dont elle est particulièrement fière, c’est sans nul doute l’organisation de la Fête du livre jeunesse des Monts d’Arrée, en partenariat avec les bibliothèques de Berrien et d’Huelgoat, qui se tient tous les ans en juin dans l’une ou l’autre commune.

Et ce qui la rassure, c’est qu’elle sait qu’elle peut s’appuyer sur l’expertise de la BDF pour la conseiller et la former. « La BDF est vraiment un précieux soutien », conclut-elle.

Fabien Bihoré

Fabien Bihoré, bibliothécaire, responsable de l’antenne de Sainte-Sève

abien Bihoré est bibliothécaire, responsable du bassin du Pays de Morlaix, du pôle image et son et des ressources en ligne au sein de la Bibliothèque du Finistère. Cet homme est un passionné, tombé dans les livres dès son plus jeune âge.  « Lorsque j’étais acquéreur et qu’une livraison de documents arrivait, j’étais comme un enfant au pied du sapin de Noël », avoue-t-il le regard pétillant.

Après s’être formé aux métiers du livre, il intègre la BDF en 2005 en tant que
vidéothécaire remplaçant, la quitte pour faire ses armes à Gradignan en secteur jeunesse et y revient en 2008, suite à l’obtention du concours d’assistant qualifié, puis de bibliothécaire.  En 2010, il est recruté à Landivisiau pour préparer le chantier de l’antenne de Sainte-Sève et prendre la direction d’une équipe de six personnes à son ouverture en mai 2014. Ce qu’il apprécie, c’est la diversité des tâches qui lui sont confiées et le côté itinérant du travail : « J’aime aller à la
rencontre des élus et des bibliothécaires pour développer des projets qui facilitent l’accès à la lecture publique
». Dans ce cadre, il est amené à travailler sur des
esquisses de nouvelles bibliothèques. « C’est passionnant, d’autant que l’architecture et l’aménagement intérieur sont des domaines qui m’intéressent », conclut-il.

Michèle Fitamant

Michèle Fitamant, directrice de la BDF

En 2016 cela fera 10 ans que Michèle Fitamant dirige la Bibliothèque du Finistère. « Je suis la mémoire du plan de développement de la lecture publique », explique-t-elle fièrement. Un travail de longue haleine, qui anime cette finistérienne profondément attachée à son département.

L’année dernière la directrice assurait trois réunions de chantier par semaine pour la construction de nouvelles bibliothèques. Un travail de terrain qui lui tient particulièrement à cœur : « J’aime travailler avec les élus ruraux. Il faut apprécier la ruralité pour ce poste. Traverser chaque petite commune du Finistère et pouvoir y apporter des services équivalents à ceux des grandes villes est une de mes grandes satisfactions. » La nouvelle antenne de Plonévez-du-Faou est à l’image de cette conviction.

Dès l’ouverture de cette nouvelle médiathèque connectée au cœur du centre-Finistère, le rôle de la directrice sera à nouveau centré sur l’animation du réseau des bibliothèques du Finistère. 80 % du temps de Michèle Fitamant est en effet consacré au management d’équipe, « c’est-à-dire l’accompagnement au changement, en amenant les agents à accepter l’innovation ». Car pour l’ancienne militante dans des associations de lutte contre l’illettrisme, l’enjeu de la lecture publique est de taille : « Comment peut-on être un citoyen à part entière si on ne maîtrise pas l’écriture et la lecture ? Même les nouvelles technologies demandent la maîtrise de cet usage. Notre rôle, c’est de permettre aux gens d’exercer leurs droits. »

Nathalie Fels

Nathalie Fels, référente de secteur Bibliothèque départementale

Avant d’être responsable de secteur à la bibliothèque du Finistère, Nathalie Fels est une amoureuse des livres. De l’impact qu’ils peuvent avoir sur une vie. La sienne, forcément. Bachelière, elle rejoint les bancs de l’université pour étudier les “lettres”. Puis les “métiers du livre”. Quelques années plus tard, au dernier étage de la bibliothèque départementale du Finistère, il lui faut désormais traverser les rayonnages de 350 000 documents (livres, revues, CD et DVD) pour accéder aux niveaux inférieurs.

Là, elle se sent comme un poisson dans l’eau. Souvent, elle sort la tête du bocal pour accompagner, sur le terrain, les bibliothèques des communes de la Cocopaq (Communauté de communes du pays de Quimperlé). « Mon rôle n’est pas de me substituer à l’effort des communes dans la gestion de leurs bibliothèques mais de les aider à grandir et à devenir autonomes. » Professionnaliser ces lieux de culture pour leur assurer un développement optimal, c’est le souhait de la bibliothèque départementale. Mais, faute de moyens, ce n’est pas toujours possible. Les bénévoles, dynamiques et volontaires, font alors “le job” « Organisme de formation, nous formons les salariés, les bénévoles, et les élus qui le
désirent, pour leur apporter un savoir-faire.
» Elle leur donne les clés. Ils gardent la maison ouverte à tous. La culture, une onéreuse danseuse ? La déclaration la heurte. Avec l’évidence des gens convaincus par ce qu’ils font, elle balaie ce cliché. « Il ne faut pas l’oublier. Dans les petites communes, la bibliothèque est parfois le dernier service public accessible à tous. »