Hervé Bellec « L’écriture, c’est ma récréation ! »

né à Paris de parents bretons, Hervé Bellec vit en Bretagne depuis ses 15 ans. Ecrivain et professeur d’histoire et géographie, il se ressource et cherche l’inspiration dans les « grands espaces naturels » du Finistère. Entretien.

Qu’est-ce qui vous a ancré dans le Finistère ?

Comme beaucoup de bretons, mes parents sont partis chercher du boulot en banlieue parisienne. Je suis né à Fontenay-sous-Bois. à 15  ans, je suis revenu en Bretagne, en pension à Rostrenen, chez les curés. Et m’installer en demeure en Bretagne, ça a été une découverte. On était en 1970, et pour moi c’était pas rien, c’était Alan Stivell, qui sortait alors le Pop Plinn (un air traditionnel de danse bretonne transformé en musique pop)… Ensuite à Rostrenen, Kreiz Breizh, y’avait le choix entre Rennes et Brest. J’ai  choisi Brest pour m’inscrire en fac. J’avais des copains, des adresses. Et à Brest, c’était le côté bout du monde qui m’attirait. J’ai pas de culture maritime, mais Brest, ça a de la gueule…

Comment êtes vous entré dans l’écriture ?

Quand je suis arrivé en Bretagne, d’abord par des poèmes. Puis, très vite j’ai fait de la musique avec des copains, un petit groupe de lycéens, je me suis mis à l’écriture de paroles de chansons. C’est comme ça que je suis entré dans l’écriture. Si elle me procure des moments de grâce,  il y a aussi des épisodes plus fastidieux, plus laborieux. Je ne suis pas maniaque, mais j’essaye de peaufiner mes textes. L’inspiration ne tombe pas du ciel. Je peux parfois traîner longtemps sur une phrase ou deux. Je reviens beaucoup sur mes textes.

Y a-t-il des lieux dans le Finistère qui vous inspirent ?

Oui, j’adore me balader. Mes endroits favoris ? Les Monts d’Arrée, les grands espaces. Je reste un fils de paysan, et c’est là-bas que je retrouve la Bretagne que j’ai connue quand j’étais gamin. J’aime aussi beaucoup la rade de Brest, ses petits coins secrets du côté de Plougastel, Landévennec. Il y a là-bas une sérénité que je recherche en permanence.  La presqu’île de Crozon aussi, la crique de l’île Vierge est un lieu paradisiaque. J’ai aussi beaucoup marché dans le Cap Sizun, entre Douarnenez et la pointe du Van. On a ici toute la beauté du monde mais il ne faut pas le crier sur tous les toits.

Vous avez été musicien, bistrotier, aujourd’hui vous êtes professeur d’histoire-géo et écrivain… Des regrets ?

Non, en musique je manquais de rigueur, de discipline, même si on a eu notre heure de gloire à la fin des années 70. Il faut avoir de grandes exigences pour en vivre. Bistrotier est un métier vachement difficile, j’ai fait ça 10 ans, de 1980 à 1990, sur la côte nord à Plouguerneau, puis à Brest. C’est usant. Je carburais à deux paquets de cigarettes par jour et je n’ai pas comptabilisé les bières… Aujourd’hui, j’ai la chance de faire un boulot qui me plait toujours. Prof, c’est un peu un métier de clown, comme écrivain ou musicien !

Quel est votre principal trait de caractère ?

Je suis quelqu’un d’assez curieux. J’ai toujours envie de découvrir des endroits, de lire de nouveaux livres. Toujours très peur que cette vie qui est trop courte ne me permette pas de tout voir…

La qualité que vous préférez chez un homme ?

Je vais être assez naïf, je vais dire la gentillesse. Les grandes gueules me fatiguent, comme les râleurs, les manipulateurs, les méchants…

Et chez une femme ?

L’humour, la sincérité, le côté nature… J’aime bien les sauvageonnes !

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Je ne suis pas maniaque, mais j’essaye de peaufiner mes textes.

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« Je hais les dimanches »

52 chroniques comme autant de dimanches loufoques, cocasses, épiques ou désespérants aussi, quand ils sont vides de la femme attendue qui vous pose un lapin… 52 dimanches, avec ou sans maman, tantes et enfants, avec ou sans copies à corriger, seul dans une chambre d’hôtel impersonnelle ou en charmante compagnie à la plage, au bistrot du coin avec les potes ou même à la messe, parce que bon… faut bien parfois ! Et la vie qui s’écoule, morne comme un moulin par un dimanche sans vent, réjouissante comme un matin de printemps. La vie quoi.