Le Département maintient ses aides à l’agriculture en 2016

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Michaël Quernez, 1er vice-président du Conseil départemental, Président de la commission insertion et économie.

Quel est le contexte actuel de l’agriculture finistérienne ?

Nous sommes aujourd’hui dans une situation délicate, qui concerne toutes les filières. La politique agricole est d’abord européenne. Nous avons besoin d’une Europe qui tourne le dos aux politiques libérales qui ont cassé un à un tous les outils de régulation et qui mette fin aux distorsions de concurrence en imposant les mêmes exigences sociales et environnementales. En Bretagne, nous avons des performances techniques, mais cet avantage compétitif est vite rattrapé par des concurrences déloyales, et notamment celle de l’Allemagne avec un coût de la main d’œuvre incomparable.

La France est également interpellée sur sa capacité à structurer les filières agricoles. On observe plutôt aujourd’hui les maillons d’une chaîne qui travaillent insuffisamment entre eux. Le partage de la valeur ajoutée se fait au détriment des exploitants agricoles, producteurs de la matière première. Voilà les enjeux auxquels nous devons faire face.

Comment le Département choisit-il de s’investir aux côtés des filières agricoles ?

Dans le Finistère, il y a des filières majeures de développement économique. L’agriculture et l’agroalimentaire en font évidemment partie. Cela fait partie de notre ADN. Ainsi notre position a toujours été de soutenir et accompagner les exploitants. Le Département accompagne une agriculture respectueuse de l’environnement, de la biodiversité, des sols, de l’eau.

Nous choisissons également d’accompagner cette filière dans ses mutations, en soutenant la recherche et l’innovation dans l’agriculture et l’agroalimentaire, via les centres techniques, les pôles de compétitivité, la chambre d’agriculture et les stations expérimentales.

Notre deuxième objectif vise à inciter la consommation de produits locaux. Bientôt nous aurons une obligation de 40 % de produits relevant de l’alimentation durable dans les restaurants collectifs, issus notamment d’approvisionnements en circuits courts. Le Finistère y travaille. Il y a déjà une approche par le restaurant administratif, des démarches au sein de nos collèges. Nous avons aussi la volonté d’accompagner les territoires dans ces réflexions. Ainsi, depuis trois ans, nous proposons aux collectivités territoriales un accompagnement pour privilégier les circuits courts et développer le recours aux produits biologiques dans la restauration collective publique, ce qui leur permet d’identifier les acteurs locaux, les producteurs qui peuvent répondre aux marchés publics. En parallèle, nous soutenons les organismes qui accompagnent ces producteurs dans leur capacité à y répondre.

Les aides directes aux entreprises ne faisant plus partie des compétences départementales, comment continuez-vous à soutenir les exploitants agricoles ?

À un moment où l’on s’interroge beaucoup sur les compétences des collectivités, nous avons réaffirmé en décembre dernier notre volonté de continuer à accompagner les acteurs agricoles. Une convention, qui nous lie désormais avec le Conseil régional, nous permet de poursuivre notre politique d’aide directe aux entreprises et aux entrepreneurs. Ce n’était pas une obligation. Cela vient d’une volonté du Département qui souhaite continuer à agir, dans un cadre qui a été redéfini par la loi NOTRe. En accompagnant tous les acteurs de ce secteur.

Priorité à l’installation, aux investissements et aux démarches durables

Grâce à une convention signée en décembre dernier avec la Région, le Département maintient la plupart de ses aides directes aux exploitants agricoles.

Parmi elles, l’accent est mis sur les démarches durables et les énergies renouvelables, comme l’aide à la maîtrise et l’amélioration de l’autonomie énergétique ou l’acquisition de matériels agro-environnementaux. Des aides à l’installation ou encore des aides à l’investissement pour la transformation ou la commercialisation à la ferme sont également maintenues.

Le Département a aussi une compétence sur l’aménagement foncier, pour améliorer le parcellaire des exploitations agricoles, aménagement qui peut permettre des gains de compétitivité et de temps de travail pour les agriculteurs (moins de distance à parcourir, davantage de surface pâturable…).

michael-quernez

Aides à l’agriculture

Eléments budgétaires pour l’année 2016

• environ 1,7 M € en fonctionnement,

• environ 1,3 M € en investissement

Soit environ 3 M € pour financer les demandes d’aides de l’année.

Ces aides sont complétées par un soutien à Labocea.