Vaincre l’isolement des aînés par les nouvelles technologies

Le projet VITAAL est l’un des vingt-cinq projets finistériens financés par le contrat de plan Etat-Région Bretagne 2015-2020 dans la catégorie « équipements scientifiques pour la recherche ». Un acronyme chargé de sens, qui signifie Vaincre l’Isolement par les TIC. André Thépaut, directeur d’études et enseignant-chercheur à Télécom Bretagne, est à l’origine du projet.

Explications.

« Je travaille depuis 12 ans sur les systèmes d’aide aux personnes en situation de handicap. Cette thématique m’a interpellé après l’intégration d’un élève aveugle dans l’école. Nous avons ensuite orienté nos recherches vers les personnes âgées, qui peuvent présenter des handicaps », explique André Thépaut de Télécom Bretagne. Autant dire que le projet VITAAL s’inscrit dans une continuité. L’équipe constituée d’une quarantaine de chercheurs bretons appartenant au Lab-STICC (sciences de l’information et de la communication) et coordonnée par Dominique Duhaut de l’Université de Bretagne Sud (UBS), s’est associée au laboratoire LATIM (traitement de l’information médicale) du CHU de Brest. L’acronyme raconte sa filiation : VIT pour Vaincre l’Isolement par les Technologies et AAL en référence au programme européen Active and Assisted Living, qui s’intéresse à la création de meilleures conditions de vie pour les personnes âgées. Dans ce projet, André Thépaut collabore également avec des scientifiques de l’Université de Bretagne Occidentale (UBO), et de l’Ecole nationale d’ingénieurs de Brest (ENIB), ainsi qu’avec les personnels du centre de rééducation et de réadaptation fonctionnelle de Kerpape. Une équipe pluridisciplinaire qui travaille sur quatre grandes études.

Quatre projets pour rompre l’isolement

Les différents volets du projet VITAAL s’adressent principalement aux personnes âgées pour leur permette de rester à domicile. Le premier se concentre sur l’analyse des activités de la vie quotidienne des personnes fragilisées. Concrètement, Télécom Bretagne a créé un appartement connecté, équipé de plusieurs dizaines de capteurs. « Des personnes âgées sont invitées à venir tester le dispositif. Les capteurs peuvent repérer des manques ou des dérives d’activités, pour aider la personne grâce à de nouvelles technologies. Nous avons par exemple développé une télévision connectée, qui est déjà installée dans une résidence à Brest ».

Le deuxième sous-projet concerne la recherche de technologies qui peuvent aider ces personnes. Robots compagnons, mains homomorphes qui peuvent effectuer des actions à la place d’une personne handicapée, sont notamment expérimentés. « Nous travaillons sur une base mobile avec une main à l’échelle une. Aujourd’hui, elle peut saisir un verre et le poser ailleurs. On va également commander une table interactive, qui pourra repérer la position des objets. »

Les deux autres volets concernent la rééducation à distance. La rééducation fonctionnelle via des robots pourrait permettre de poursuivre à domicile des séances débutées dans un cabinet. Quant à la rééducation visuelle, elle pourrait se faire via une plate-forme, à laquelle chacun se connecterait chez soi.

« Nous faisons le pari que les nouvelles technologies pourront aider les personnes âgées isolées en toute sécurité. L’objectif est ensuite de transférer ces technologies à des entreprises bretonnes, de participer à l’économie locale en créant de l’emploi, mais aussi de réduire les dépenses publiques », conclut André Thépaut.

Projet vitaal

Focus sur le contrat de plan Etat-région

Le Conseil départemental participe au financement des projets retenus dans le cadre du contrat plan Etat-Région Bretagne (CPER) 2015-2020. Quatre priorités ont été définies : la mobilité multimodale, l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation, la transition écologique et énergétique, le volet territorial incluant les actions relatives aux usages du numérique et de l’emploi. C’est dans le volet « enseignement supérieur, recherche et innovation » auquel le Conseil départemental participe à hauteur de 10 millions d’euros que le projet VITAAL s’inscrit, avec comme axe de recherche la santé et le bien-être pour une meilleure qualité de vie.