Les mots en Breton : Deuet eo ar goañv

Grrr ! Pegen yen eo an amzer ! Komañset eo ar goañv da vat ! Na chomit ket war an treujoù, deuit tre ‘ta ! Ha serrit an nor marplij. Yen-ki eo er-maez. Tostait ouzh an oaled, tomm eo amañ …  Brrr ! Que le temps est froid ! L’hiver est bel et bien arrivé ! Ne restez pas sur le pas de la porte, entrez donc ! Et fermez la porte s’il vous plaît. Il fait un froid de canard dehors. Rapprochez-vous de l’âtre, il fait chaud ici …

L’hiver est souvent la « morte saison » dans la langue de Molière. E brezhoneg e vez kaozeet eus ar mizioù du kentoc’h. En breton, on parle plutôt des mois noirs. Novembre, qui voit les températures baisser et le soleil se coucher plus tôt, s’appelle miz du (mois noir), tandis que décembre se nomme miz kerzu (mois très noir). Les mois de janvier (miz genver) et février (miz c’hwevrer) reprennent les mois latins : januarius et febriarius… An hini kentañ a veze gouestlet da Janus, un doue eus Roma ; an eil anv a zeu eus ar verb latin februare a sinifie « purifiañ ». Le premier était consacré à Janus, un dieu romain ; le second nom provient du verbe latin februare qui signifiait « purifier ».

L’hiver n’est pas totalement synonyme d’inactivité en Bretagne. N’eo ket ur sezon varv en tiez ! Beilhadegoù a vez graet c’hoazh … daoust d’an tele ! Ce n’est pas une « morte saison » dans les maisons ! On fait encore des veillées … malgré la télé ! Pegen plijus eo selaou ouzh kontadennoù pa vez an tan o traskal ! Qu’il est plaisant d’écouter des contes alors que crépite le feu !

Le feu justement. C’hwi a ra gant keuneud evit c’hwezhañ an tan. Vous, vous utilisez du bois pour faire du feu. Mais savez-vous qu’autrefois on se chauffait à la tourbe dans certains coins ? Ar mouded a veze tennet er geunioù ha brikennoù a veze graet ganti. Lesket e vezent da sec’hiñ en ur zizroiñ meur a wech ha pa vezent sec’h-mat e veze kaset gant ar c’harr d’an ti. La tourbe était tirée dans les marécages et on en faisait des briques. On les laissait sécher en les retournant plusieurs fois et quand elles étaient bien sèches, on les ramenait à la maison avec la charrette. Attention au vocabulaire : la tourbe se dira aussi taouarc’h selon les locuteurs !

Désormais, les hivers sont moins rigoureux. Klouar int memes ! Ils sont même doux ! La faute au réchauffement climatique ? Emichañs ! Sûrement ! Ressentirons-nous alors un jour la froidure des hivers d’antan ? N’eo ket sur ‘vat…