Emplois d’avenir

Une expérience et une qualification pour les jeunes

Les collectivités locales ont bien joué le jeu des emplois d’avenir. Cette année, les premiers emplois d’avenir signés pour trois ans arrivent à leur terme. Créés par le Gouvernement fin 2012, ils s’adressent aux jeunes, pas ou peu diplômés, présentant des difficultés d’accès à l’emploi. Premier bilan.

Les missions locales et Cap emploi* sont les principaux relais du dispositif des emplois d’avenir. Franck Tabailloux, de la mission locale du Pays de Cornouaille, dresse le constat des emplois d’avenir signés et accompagnés : « Sur les 697 contrats, 90 % étaient éligibles au dispositif sans dérogation. Nous avons donc bien atteint notre objectif. 70 % ont bénéficié d’une action de formation, l’un des autres objectifs visés pour ces jeunes qui, pour 84 % d’entre eux, avaient un niveau BEP/CAP ou moins. »

Du côté des employeurs, le constat est sensiblement le même dans les autres missions locales du Finistère, au sein desquelles Franck Tabailloux est le référent départemental pour les postes proposés par le Conseil départemental. En Cornouaille, les collectivités ont été les principaux employeurs la 1re année. Les années suivantes ont vu le secteur associatif passer devant avec, en 2015 : 34 % des jeunes employés dans le secteur associatif, 31 % dans les collectivités, 21 % dans les établissements publics et 13,5 % dans le privé. « Le nombre de jeunes employés par les collectivités a baissé, car ils avaient déjà beaucoup embauché pour 3 ans dès la 1re année », précise Franck Tabailloux.

144 emplois d’avenir au Conseil départemental

Katell Tanguy, en charge du suivi des emplois d’avenir au sein du Conseil départemental confirme : « Le Département s’est tout de suite engagé, avec une volonté forte. Nous avons recensé les besoins auprès des services et dès juin 2013, nous avons embauché les premiers jeunes en emplois d’avenir. Les principaux services accueillant ces jeunes sont la direction des collèges, avec 50 % des postes, et les agences techniques départementales en charge des routes départementales. Les autres directions ont accueilli des agents administratifs. »

144 contrats ont été signés à ce jour. Fin 2016, 40 jeunes arrivaient au terme de leur contrat. 10 d’entre eux ont pu intégrer la collectivité.

+ d’infos sur www.finistere.fr/jeunesse

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Le contrat d’avenir permet de proposer aux jeunes non qualifiés ou avec très peu de qualifications, une expérimentation et une professionnalisationexergue-jaune2

Marie Gueye, Vice-présidente en charge de la jeunesse Déléguée à l’insertion

« Le contrat d’avenir permet de proposer aux jeunes non qualifiés ou avec très peu de qualifications, une expérimentation et une professionnalisation. Le volet formation est également très important. Le jeune acquiert une formation qualifiante, voire même diplômante. Si le Conseil départemental a pu titulariser des jeunes à la fin des premiers contrats signés, l’objectif n’est pas de les embaucher à l’issue des trois ans. Il est important de valoriser le passage du jeune dans notre collectivité, pour qu’il en sorte avec une expérience ou une compétence clé, pour enrichir son cv et pouvoir rebondir autrement. »

emploi d'avenir à QuimperYoann Nedelec, 23 ans, futur aide-soignant

Yoann Nedelec a signé son contrat d’avenir en février 2015, pour trois ans. Employé dans une association œuvrant pour des personnes handicapées, il se prépare au métier d’aide-soignant.

Yoann Nedelec semble aujourd’hui sûr de son choix. à 23 ans, il a entamé une formation de 10 mois pour se former au métier d’aide-soignant, ce que lui permet son contrat d’avenir. « J’ai d’abord fait un bac pro vente en 2013, explique le jeune homme. J’ai ensuite subi une grosse opération, qui m’a sensibilisé aux soins à la personne. Ça m’a donné envie de faire quelque chose d’utile. L’esprit combatif de la vente ne me correspondait pas ». La Mission Locale du Pays de Cornouaille lui propose d’abord une série de stages dans le secteur de la santé et du soin, dans le cadre de l’action POP (plate-forme d’orientation professionnelle). Pour sa dernière immersion dans le milieu professionnel, il est accueilli par l’association les Papillons blancs.

« à la même période, j’ai assisté à une réunion sur les emplois d’avenir. Je correspondais aux critères d’éligibilité car j’étais sorti du système scolaire depuis plus de deux ans et que je vis dans un quartier classé ZUS (zone urbaine sensible). J’ai donc pu être embauché chez eux en février 2015 », se réjouit-il. Aujourd’hui, Yoann passe son diplôme. Il réintégrera l’association qui l’emploie à l’issue de la formation, jusqu’en février 2018.