Le Parc Naturel Marin d’Iroise a dix ans


l y a dix ans naissait le Parc naturel marin d’Iroise, le premier du genre. Si sa naissance fut difficile, il est aujourd’hui bien ancré sur le territoire et accepté par la plupart des acteurs locaux.

Des îles qui la composent, aux innombrables phares, des colonies de phoques aux champs d’algues de l’archipel de Molène… la Mer d’Iroise recèle de nombreuses richesses naturelles, humaines et culturelles. « Nous sommes dans un périmètre exceptionnel avec des espèces que l’on ne trouve plus guère qu’ici », s’enthousiasme Philippe Le Niliot, directeur adjoint du Parc naturel marin d’Iroise.

Il y a dix ans, ce lieu d’exception est devenu le premier Parc naturel marin de France, une aire marine protégée de 3500 km² située entre l’île d’Ouessant et l’île de Sein. Son objectif : connaître et protéger le milieu marin, tout en développant de façon raisonnée les activités humaines dépendantes de la mer. Aujourd’hui, on en compte neuf en France métropolitaine et outre-mer, placées sous la tutelle de  l’Agence française pour la biodiversité. Sa naissance fut pourtant des plus houleuses. Philippe Le Niliot présent au début de l’aventure se souvient : « Nous cherchions un outil pour préserver cet espace dont le caractère remarquable était déjà reconnu (Label de l’UNESCO). Au début des années 2000, l’outil privilégié était le Parc national, un outil réglementaire de l’état qui nécessitait de proposer une réglementation spécifique dans un décret. L’opposition s’est alors cristallisée autour d’usagers inquiets de ne plus rien pouvoir faire dans le périmètre du Parc, d’être dans une logique d’interdiction des activités de loisirs notamment. »

La loi du 14 avril 2006 relative aux parcs nationaux, parcs marins et  parcs régionaux est venue apporter des réponses positives et rassurantes. En effet, ce texte délègue la gestion des parcs marins aux acteurs locaux dans le cadre d’un conseil de gestion.

« Une instance collégiale et participative, c’était totalement nouveau à l’époque, mais on se rend compte que c’est grâce à cette forme de gouvernance que le Parc fonctionne bien aujourd’hui car chaque représentant a les moyens de donner son avis et de proposer des solutions pour la protection de ce périmètre et de ses ressources. En général les débats sont riches », souligne Jacques Doudet, le secrétaire général du Comité régional des pêches.

Des programmes scientifiques pour connaître les richesses

« Le Parc marin n’a pas de réglementation spécifique à la création, mais il peut la faire évoluer en interpellant les services de l’Etat compétents et en donnant des avis conformes, c’est-à-dire des avis que les autorités compétentes sont amenées à suivre quand cela concerne une activité qui peut avoir un impact sur le milieu marin », poursuit Philippe Le Niliot.

Outre la préservation du milieu et le développement durable des activités, l’un des objectifs du Parc naturel marin d’Iroise est l’acquisition de connaissances pour mieux gérer et protéger les ressources. Ainsi il est à l’initiative ou a participé à plusieurs programmes scientifiques. On citera par exemple  la cartographie du champ d’algues molénais réalisée avec l’Ifremer afin de pouvoir le préserver et l’exploiter durablement, le suivi télémétrique des phoques en mer d’Iroise ou le cantonnement des langoustes rouges dans la chaussée de Sein en partenariat avec les pêcheurs.

« Le Parc est aujourd’hui bien ancré dans son territoire et accepté par beaucoup d’acteurs locaux. Mais il nous faut maintenant travailler en direction du grand public pour que tous les Finistériens se l’approprient vraiment », précise le directeur adjoint. Cette appropriation du Parc passe par l’édition d’un magazine bi-annuel distribué dans les communes littorales du périmètre, des journées portes ouvertes et surtout un travail avec les scolaires grâce au programme éducatif « Les p’tits mousses de l’Iroise » qui embarque les gamins à la découverte des richesses de la mer d’Iroise.

+ d’infos sur www.parc-marin-iroise.fr

Le Parc naturel marin expliqué aux enfants

Le Parc naturel marin d’Iroise développe un programme éducatif pour le jeune public et notamment les scolaires des écoles situées dans le périmètre. Chaque année, les agents du Parc leur concoctent un programme autour d’un thème. En 2016/2017, il s’agissait des sons de la mer, cette année, ce seront les couleurs.

Le Parc entend aussi atteindre le grand public. Sur le site Internet, une rubrique éducation invite à découvrir les espèces de la mer d’Iroise grâce à des fiches d’identification illustrées, parfaitement adaptées au jeune public. Il est possible aussi de télécharger un livret « P’tits mousses » pour apprendre en s’amusant.

+ d’infos sur www.parc-marin-iroise.fr/Education

*Le GIP est constitué du Conseil départemental du Finistère actuellement chargé de la mission de préfiguration, du ministère de la Mer, du Parc régional d’Armorique, du Parc naturel marin d’Iroise, de la commune d’Ouessant et de Brest métropole. Par ailleurs la DRAC et la Région Bretagne sont parties prenantes du projet
**DIRM NAMO : Direction Interrégionale de la Mer Nord Atlantique Manche Ouest
***DRAC : Direction Régionale des Affaires Culturelles.

Les chiffres clefs

  3500 km² : périmètre du Parc naturel marin d’Iroise
  300 km de côtes
  25 agents (chiffre 2016)
  5 navires : moyens nautiques du Parc
  2 sites : Le Conquet et Douarnenez
  49 membres du conseil de gestion présidé par la présidente du Conseil départemental : élus, pêcheurs, scientifiques, plaisanciers, représentants des associations de protection de la nature…

Premier parc naturel marin de France 3500 km2
d’aire marine protégée

Les phares au cœur
d’un projet de Centre national

Le musée des Phares et Balises d’Ouessant est au cœur d’un projet partenarial de valorisation d’une histoire et d’un patrimoine exceptionnel, les phares et la signalisation maritime. Les phares ont des histoires à nous raconter, celles des hommes qui, au péril de leur vie, ont vécu dans ces lieux confinés en plein milieu de la mer, celles des techniques de signalisation maritime qui ont évolué depuis le XIXe siècle. 

En Finistère, ces histoires sont plus prégnantes qu’ailleurs, le département comptant à lui seul vingt-trois phares dont cinq pour la seule île d’Ouessant. Depuis 1984, le musée des Phares et Balises situé au pied du Créac’h, conserve les objets patrimoniaux (lentilles, bouées, fanal…), propriété de l’état. L’ambition est aujourd’hui de créer une institution de référence, le Centre national des phares, administré par un Groupement d’Intérêt Public* et dont la mission est de participer en appui de l’Etat à la construction d’une politique nationale autour de ce patrimoine exceptionnel. Dans ce projet qui devrait voir le jour en 2021, le phare du Créac’h ouvrira un peu plus ses espaces pour enrichir et étoffer le parcours de l’actuel musée, notamment autour de l’aventure humaine et de la dimension liée à l’imaginaire.Le projet prévoit aussi un deuxième site à Brest pour mettre l’accent sur les sciences et les techniques et offrir un espace de conservation. Il sera installé au premier éperon du port de commerce à proximité de la gare maritime, comme une invitation au voyage vers Ouessant !

Contact : Mélanie Thomas, mission de préfiguration 06 89 61 67 54

Sept phares finistériens classés
au titre des Monuments historiques

Le 20 avril dernier, grâce à la démarche concertée de la DIRM NAMO**, de la DRAC Bretagne*** et du Parc marin d’Iroise pour les phares situés en mer d’Iroise, le ministère de la Culture et de la Communication a classé au titre des Monuments historiques sept phares du Finistère (Ar Men, Les Pierres Noires, Le Four, La Jument, Kéréon et Nividic en mer d’Iroise et l’Île de Batz en Manche).

Par ce classement, la valeur patrimoniale exceptionnelle de ces phares a été reconnue, l’objectif étant de préserver en priorité un bâti souvent malmené par les éléments et des intérieurs qui se dégradent de plus en plus depuis le départ des gardiens.