Enseignement adapté une école de la deuxième chance

Les SEGPA accueillent des élèves, de la 6e à la 3e, en leur permettant de suivre un enseignement adapté. Rencontre avec six élèves du collège de Kerhallet à Brest pour qui la SEGPA a été une chance.

Au collège de Kerhallet à Brest, 62 élèves fréquentent la Section d’Enseignement Général et Professionnel Adapté, autrement dit la SEGPA. « La SEGPA accueille des élèves en difficulté scolaire. L’enseignement proposé permet de leur redonner confiance et de consolider, voire d’acquérir, les bases scolaires. L’objectif est de les accompagner afin qu’ils accèdent à une formation professionnelle. Nous travaillons avec eux sur l’autonomie, la méthodologie et nous les amenons également à développer d’autres compétences transversales», explique Nathalie Durand-Le Theuff, directrice adjointe chargée de la SEGPA.

« Les SEGPA sont peu connues et véhiculent souvent une image négative, alors qu’elles sont une vraie chance pour les élèves. Pour de nombreux jeunes, la SEGPA a permis de restaurer l’estime de soi et ainsi de permettre à chacun de se projeter dans une voie professionnelle en cohérence avec ses capacités », s’enthousiasme-t-elle.

Alan, Namory, Angéline, Kassandra, Tristan et Clément font partie de ceux-là.

Alan, 20 ans
« Je suis arrivé en SEGPA en 5e et je n’avais aucune idée de ce que je voulais faire. J’étais même assez réfractaire à l’école. En 3e, j’ai fait un stage auprès des personnes âgées et cela m’a beaucoup plu ». Alan trouve alors sa voie, l’aide à la personne. Il décide de passer un CAP Services en milieu rural qu’il réussit puis entreprend un Bac pro Services à la Personne et aux territoires (SAPAT) en alternance. « Je voudrais être infirmier urgentiste », se plaît-il à rêver. « Il faut se donner les moyens pour y arriver. Ce sont les professeurs de la SEGPA qui m’ont donné envie d’avancer ».

Namory, 16 ans
Mineur isolé, originaire de Côte d’Ivoire, Namory est arrivé en France en janvier 2015. Il n’avait jamais été à l’école et ne savait ni lire ni écrire. Placé en 4e SEGPA, il a soif d’apprendre. A l’occasion d’un stage, il découvre la métallerie. « Les professeurs m’ont beaucoup soutenu, que ce soit pour les apprentissages ou pour ma vie privée. Grâce à eux, j’ai désormais un projet de vie. Je prépare un CAP serrurier métallier et je poursuivrai mes études en BAC Pro chaudronnerie », apprécie-t-il.

Angéline, 17 ans
« Je suis venue en SEGPA car je suis dysphasique. Grâce à des stages, j’ai découvert les métiers de la sécurité et me suis rendue compte que ce n’était pas seulement un métier d’homme. Après avoir passé un CAP petite enfance j’ai décidée de passer un CAP d’agent de sécurité. Actuellement en première année, je veux ensuite faire un BP en apprentissage », explique la jeune fille. « Je suis contente d’être passée par la SEGPA, car j’ai pu aller à mon rythme et trouver ma voie. »

Kassandra, 18 ans
« À l’école, je n’arrivais pas à me concentrer, je ne travaillais pas », confie Kassandra. « La SEGPA, c’est vraiment très différent du collège. Les effectifs sont moins importants, les professeurs nous suivent individuellement. Chacun va à son rythme. Moi ça m’a canalisé et ça m’a appris beaucoup de choses ». à la sortie, Kassandra a obtenu un CAP petite enfance et prépare actuellement un BAC SAPAT. « Je veux devenir ambulancière ».

Tristan, 24 ans
« J’ai toujours voulu être maçon. En 5e, je suis entré en SEGPA car mon niveau en français était vraiment très faible. Grâce aux professeurs qui prennent plus de temps pour expliquer et grâce aussi aux stages, j’ai pu acquérir les bases qui me manquaient, passer un CAP de maçonnerie puis un BEP et un BAC Pro pour lequel j’ai eu la mention AB ». Volontaire et pugnace, Tristan est maçon depuis quatre ans dans l’entreprise où il avait fait ses stages.

Clément, 17 ans
« Ce n’est pas une tare d’aller en SEGPA. Pourtant au début j’ai eu du mal à l’accepter. Aujourd’hui, je suis en CAP commerce et je suis fier d’avoir pu me fixer un objectif. La SEGPA m’a aidé car on est en petit nombre, on apprend différemment et il y a un vrai suivi des professeurs ».

 

La SEGPA, c’est vraiment très différent du collège. les effectifs sont moins importants, les professeurs nous suivent individuellement

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